2 mai 2021 : Le Christ, époux de notre âme – Evangile : Prologue de St Jean – L’ubiquité d’abba Georges

 
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CHANTS

« Chants du Carême et de Pâques » par le Choeur de Prêtres de Sofia, sous la direction de Kiril Popov – GEGA Ltd – 1992.

Nous recommandons le texte du père Bassam Nassif, de l’Université Saint-Jean-Damascène de Balamand, sur la personnalité hors du commun du métropolite Paul, enlevé voici huit ans en Syrie. Pour le lire, cliquez ici.

INTRODUCTION de Victor Loupan

Le Christ, époux de notre âme

Le Christ est ressuscité, en Vérité Il est ressuscité !

Nous voici arrivés à Pâques, le glorieux aboutissement de l’Incarnation. L’âme humaine a soif de Dieu depuis la chute. Elle appelle, elle implore un Dieu semblable à nous et vivant parmi nous. Tout l’ancien polythéisme, toutes les idolâtries n’étaient qu’une aspiration aveugle, mais irrésistible, vers ce rapprochement. Origène, le grand exégète du III siècle, dit que l’âme est la fiancée de l’Epoux divin qui supplie Dieu ainsi : « Je me tourne vers Toi, Père de mon Epoux. Aie pitié de moi ! Envoie-Le-moi ! Qu’Il ne me parle plus seulement par ses serviteurs. Qu’Il vienne Lui-même et que j’entende sa voix ! L’âme, dit encore Origène, même parmi les païens, a soif de s’unir au Verbe. Elle a reçu l’à-valoir du divin mariage. De même que la Loi et les prophéties ont été des gages de l’avenir pour Israël ; de même la conscience, l’intelligence et la liberté ont été pour l’âme humaine, même en dehors du judaïsme, les présents des fiançailles à venir. Mais aucune doctrine philosophique n’a pas pu assouvir cette attente. L’âme humaine demande la lumière et la visite du Verbe. Ni les hommes, ni les anges ne lui suffisent. Il lui faut l’étreinte du Verbe divin. » Et comme le dit Saint Jean dans son Prologue : « Le Verbe était dans le monde, en Lui était la vie et la vie était la Lumière des hommes : Il était la vraie Lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde. » Oui, le Christ est venu, est mort et est ressuscité pour tous les hommes !

EVANGILE ET HOMELIE par le père Marc-Antoine Costa de Beauregard

Prologue de St Jean (Jean 1, 1-17)

Dans le principe est le Verbe, et le Verbe est tourné vers Dieu, et le Verbe est Dieu. Lui, Il est dans le principe tourné vers Dieu. Tout par lui est advenu, et sans lui rien de ce qui est n’est advenu. En lui est la Vie et la Vie est la Lumière des hommes. Et la Lumière se manifeste dans la ténèbre ; et la ténèbre ne l’a pas comprise. Advint un homme, envoyé d’auprès de Dieu ; son nom : Jean. Celui-ci vint pour le témoignage, pour témoigner au sujet de la Lumière, afin que tous croient par lui. Il n’était pas lui-même la Lumière, mais il avait à témoigner au sujet de la Lumière. Le Verbe est la Lumière véritable, qui illumine tout être humain, venant dans le monde. Il est dans le monde, et le monde par lui est advenu, et le monde ne le connaît pas. Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas accueilli. Mais tous ceux qui l’ont reçu, Il leur a donné la liberté de devenir enfants de Dieu, à eux qui croient en son Nom, qui ont été engendrés, non du sang ou d’un vouloir de chair, ou d’un vouloir d’homme, mais de Dieu. Et le Verbe est devenu chair et Il a dressé sa tente parmi nous, et nous avons contemplé sa gloire, gloire de Fils unique engendré du Père, comblé de grâce et de vérité. Jean témoigne à son sujet et s’écrie en disant : « C’est Lui dont j’ai dit : Il s’avance devant moi, Il est advenu avant moi, car Il a la primauté sur moi ! » Car de sa plénitude, tous nous avons reçu, et grâce pour grâce. C’est que la Loi a été donnée par l’intermédiaire de Moïse ; la grâce et la vérité sont advenues par Jésus Christ.

* * *

Homélie : Le Christ est ressuscité ! Enfin, nous retrouvons la joie de nous saluer ainsi ! Disons-le à ceux qui croient et à ceux qui ne croient pas encore : disons-le à la Création tout entière ; disons-le à la mer, aux montagnes, aux forêts, et qu’elles nous rendent notre salut : en vérité, Il est ressuscité !, répond la mer ; en vérité, Il est ressuscité !, répondent les forêts et les grandes montagnes. Qu’en écho, l’univers entier le répète : en vérité, le Christ est ressuscité ! Il est apparu aux belles myrrhophores et aux saints apôtres ; Il a marché sur le rivage du lac de Tibériade, et voilà la berge imprégnée des pas du Dieu Homme revenu d’entre les morts… Le Sauveur avait déjà arpenté ces lieux, comme Il avait marché dans Béthanie, Cana, Capharnaüm et Jérusalem. Mais c’est en vainqueur de la mort, vrai Dieu de vrai Dieu, Lumière de Lumière, qu’Il apparaîtra maintenant aux saintes myrrhophores et à sa propre mère, ainsi qu’aux apôtres et aux disciples. Saint Jean le dit dans le prologue que nous venons d’entendre en ce glorieux dimanche de Pâques : le Verbe « est dans le monde » ; « Il est venu dans le monde » ; « Il est venu chez lui » ; « le Verbe est devenu chair et Il a dressé sa tente parmi nous, et nous avons contemplé sa gloire, gloire de Fils unique engendré du Père ». En écoutant ce prologue dans la puissance de l’Esprit, nous cessons de nous demander pourquoi il est lu aujourd’hui. Nous attendions un récit de la Résurrection, et nous écoutons une proclamation de l’Incarnation. Pourquoi donc ? – la venue du Verbe dans le monde qui lui appartient, son devenir-chair, son humanisation, sa déification de l’homme, la confrontation de sa Personne de Lumière à la ténèbre – ce redoutable singulier du grec –, à l’opacité compacte du refus de l’amour divin, explose finalement dans la Résurrection. L’Incarnation fait éclater, comme on le voit sur l’icône du grand Samedi, les verrous qui retiennent captifs les vivants endormis depuis les siècles. La Résurrection prouve l’Incarnation. La victoire sur la mort humanise l’homme. Nous lisons aujourd’hui la proclamation prophétique du saint apôtre et évangéliste Jean le Théologien : celle-ci ne prononce pas le mot de résurrection. Mais il est clair, pour qui écoute l’Esprit, comme l’on fait les saints organisateurs du lectionnaire de l’Église, que la Résurrection est le sceau apporté à l’authenticité du devenir chair et du devenir homme du Fils unique engendré du Père. Devenir homme, c’est entrer dans la condition humaine de façon totale, sans réticence, sans réserve, sans condition, et aller jusqu’au bout de la condition humaine, la mortalité, et au-delà de ce terme lui-même, dans la vraie vie. Le Fils et Verbe du Père devient homme pour, là où Il la trouve, entraîner l’humanité dans l’au-delà d’elle-même. Il se fait chair et Il transporte cette chair au-delà des limites de la corruption. La déification de l’humanité et de la chair par l’Incarnation culmine dans l’incorruptibilité. Il a rappelé Lazare son ami depuis la corruption, mais Il a, Lui, transgressé la loi de corruption en promouvant l’incorruptibilité de l’homme. Le Christ est ressuscité ! Le Christ est l’homme incorruptible dans ce monde et dans celui qui vient !

SAGESSE DES PERES par Victor Loupan

L’ubiquité d’abba Georges

Amma Damiana, l’ermite, était la mère de l’évêque de Pétra. Elle a raconté à Jean Moschos un étonnant miracle. Ecoutez bien :

« Il y avait sur le Mont Sinaï un higoumène nommé Georges, qui était un homme d’une très grande vertu. Un Samedi Saint, Abba Georges est assis dans sa cellule. Et voilà qu’il est pris d’un profond désir de célébrer la Résurrection du Christ Notre Dieu, dans la Ville sainte de Jérusalem, et de prendre part aux saints mystères dans l’église du Saint Sépulcre. L’ancien passe toute la journée du Samedi Saint à prier et à méditer ce projet. Le soir venu, son disciple se présente et lui demande : ‘‘Père, donne les ordres pour l’office.’’ Abba Georges lui répond : ‘‘Va. Et, au moment de la sainte communion, viens me chercher ici et j’irai.’’ Ayant dit cela, il reste dans sa cellule en prière. Or, juste au moment de la communion aux saints mystères, célébrés dans l’Eglise de la Résurrection du Christ à Jérusalem, voilà qu’abba Georges se trouve aux côtés du Patriarche, le bienheureux Pierre, qui lui donne la sainte communion. Le Patriarche tout content demande à son syncelle [le syncelle, chers auditeurs, était le secrétaire du patriarche ou de l’évêque] : ‘‘Quand est-ce que l’abba du Sinaï est arrivé ?’’ Le syncelle répond : ‘‘Par tes prières, Maître, je ne l’ai pas vu avant cet instant !’’ – ‘‘Dis-lui de ne pas partir, car je veux qu’il mange avec moi.’’ Le syncelle va le dire à Abba Georges qui répond : ‘‘Que la volonté de Dieu soit faite.’’ Il va se prosterner devant le saint tombeau… puis se retrouve dans sa cellule. A ce moment, son disciple vient le chercher. Abba Georges le suit et va communier dans l’église de son monastère. Pendant ce temps, à Jérusalem, on le cherche en vain. Le Patriarche, tout chagriné à l’idée de sa désobéissance, envoie des lettres à abba Georges, à son évêque et aux higoumènes du Sinaï.

« L’évêque du Sinaï écrivit au patriarche pour l’assurer que l’Ancien n’avait pas quitté le Saint Mont depuis près de 70 ans. Quant à abba Georges, il envoya trois prêtres avec la lettre suivante : ‘‘Loin de moi l’idée, mon très saint maître, d’avoir méprisé votre saint messager. Que votre béatitude sache que, dans six mois, nous irons ensemble rencontrer notre Seigneur et Dieu, le Christ Jésus, et que, là-haut, je m’inclinerai devant vous, en une profonde métanie.’’ A Jérusalem, la perplexité est à son comble. Le bienheureux patriarche Pierre prend à témoin ses évêques et son clergé, et tous disent : ‘‘Nous avons vu l’Ancien et nous l’avons salué du saint baiser.’’ Le temps passe. Et voilà qu’au bout de six mois, abba Georges entre dans le repos éternel, et le patriarche aussi, ainsi que l’Ancien l’avait prédit. Le patriarche avait été le disciple d’abba Georges et Dieu, par ce miracle d’ubiquité, avait permis au saint moine de revoir son disciple devenu patriarche, de recevoir de ses mains les Saints Dons le jour de Pâques, et de l’avertir de sa prochaine comparution devant le Seigneur. »

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